Parlons culture (de sûreté)

La sûreté -au sens large- de l’entreprise comporte tout ce qui permet de la protéger (et protéger son environnement) contre une menace crédible ou « événement redouté ». L’analyse du retour d’expérience des industries à risque montre que la plupart des manquements à la sûreté sont dus à des défaillances humaines, qui résultent le plus souvent d’un culture défectueuse.

Qu’est ce que la culture ? Il n’y a pas de définition universitaire reconnue par tous de cette notion.

👩‍👩‍👦‍👦 En sociologie, la culture est définie de façon plus étroite comme « ce qui est commun à un groupe d’individus » et comme « ce qui le soude », c’est-à-dire ce qui est créé, appris et transmis.

👨🏻‍ H. Schein, dans ses travaux sur la culture organisationnelle, la définit comme étant un schéma d’hypothèses fondamentales partagées, qu’un groupe donné acquiert au fil de l’expérience comme étant une façon correcte d’appréhender les problèmes rencontrés (perception, réflexion, ressenti…) et qu’il inculque aux nouveaux membres. Les valeurs, convictions et hypothèses qui font que cela fonctionne correctement deviennent ainsi partagées.

⚛️ Selon l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique) qui s’est largement inspiré des travaux de Schein, la culture est à la société ce que la mémoire est à l’individu. Elle comprend les traditions, qui sont le reflet de « ce qui a marché par le passé ». Elle englobe également la manière dont les gens ont appris à regarder leur environnement et leur identité propre, ainsi que leurs postulats implicites sur la façon dont le monde se présente et la manière dont les gens doivent se comporter.

Dans tous les cas c’est une compétence vivante, qui se travaille, et dont l’appropriation par chacun est essentielle. A titre d’illustration, le regard que l’on va porter sur la qualité de son appartement et ses petits défauts, le soin qu’on va mettre à l’entretenir et la manière dont on va faire des choix pour l’améliorer diffère si on en est propriétaire ou locataire.

S’approprier sa mission, et les enjeux de son entreprise peut-être vu de la même manière. En est-on locataire parce que salarié ou sous-traitant ? Ou réellement propriétaire ? De quelle manière se sent-on individuellement et collectivement redevable des choix que l’on fait au quotidien, de ce que l’on décide de voir ou de ne pas voir, de faire ou de ne pas faire ?

C’est aussi en cela que faire vivre une culture de sûreté dans les organisations est essentiel. Il en va de  la capacité de créer un esprit d’équipe ou d’équipage dans lequel la mission, la qualité, la transparence et l’entraide sont mis en avant.

« Tous dans le même bateau ». Une fois cet esprit de communauté mis en place, l’amélioration de la culture de sûreté (au sens de connaissance et de conscience des risques) est aussi un moyen pour améliorer la performance humaine dans les installations et organisations exposées à des menaces, qu’elles soient externes ou internes.

Améliorer la culture et la performance humaine c’est cultiver des habitudes, des attitudes et des traditions dans les domaines de la prévision et de la prévention des risques. C’est aussi inculquer des qualités de comportement individuel tel que le professionnalisme, le sens des responsabilités, le respect des procédures, le travail en équipe, la vigilance. C’est enfin travailler tout cela, car c’est la vitalité de la culture qui en fait sa force.

La première étape pour viser à renforcer cette culture consiste à mesurer où en est réellement l’entreprise sur ces différents points, puis à provoquer un dialogue interne pour commencer le partage de ces « hypothèses fondamentales ».
Chez All Leaders Initiative, nous privilégions, parmi les différentes méthodes existantes* « l’auto-évaluation de la culture de sûreté ».
C’est un questionnaire commun, partagé à tous les niveaux, qui permet de faire naître des conversations et des prises de conscience menant à éveiller d’un sentiment de responsabilité commune.
Cette étape ouvrira la voie, dans un second temps, à un travail collectif ciblé (équipes de terrain, CODIR, équipe projets, ensemble des salariés, …) pour une meilleure appropriation par chacun des enjeux communs.

* méthodes proposée par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique dans l’IAEA-Safety Series No75-INSAG-4 « Safety Culture ». L’autoévaluation de la culture de sûreté est traitée dans l’IAEA-Safety Reports Series N°83 « Performing culture Safety Assessment » et la Collection Sécurité Nucléaire de l’AIEA N°28-T – Orientations Techniques – « Autoévaluation de la culture de sécurité nucléaire dans les installations et activités ».

👉 Tester une auto-évaluation simple de la culture de sûreté de votre environnement avec le SAS – « Self-Assessment of Safety culture »